Site associé à la publication des journées d'études "Science et musique : le cas Helmholtz" organisées par Marc Rigaudière les 16 et 17 octobre 2014, actes publiés dans la revue ALLIAGE. (mais pas encore sur le site au 15/12/2018
Il concerne précisément l'article "Entendre Helmholtz : la sensation de justesse", écrit par Xavier CHARLES, et a pour but de faire entendre les exemples sonores évoqués dans le texte de la revue (éditée).
Les références du "Traité..." de HELMHOLTZ proviennent de la traduction française de 1868, par G. Guéroult et A. Wolff, de la « Théorie physiologique de la musique fondée sur l’étude des sensations auditives », visible sur GALLICA (Die Lehre von den Tonempfindungen als physiologische Grundlage für die Theorie der Muzik).
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2 nouvelles vidéos :
- vidéo : "FIGURE 8 ; son aigu fixe ; 242 E"
- vidéo : "FIGURE 8 ; une série harmonique ; 242 F"
J'ai aussi approfondi les explications de toutes les vidéos (et remanié les titres).
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HELMHOLTZ est l'un des personnages de mon petit livre (à partir de son prénom, Hermann, comme tous les autres personnages) :
"On a volé la tierce mineure"
Edité chez DELATOUR (2012)
Vous y trouverez des explications solfégico-acoustico-mathématico-musico---logiques...
par le biais d'une enquête de l'inspecteur Kohl M'Boh, le but étant de reposer la question de la justification de l'accord parfait mineur (il y a un CD d'une centaine d'exemples sonores).
(Revue ALLIAGE, N° 79, page 137, Article Entendre Helmholtz, la sensation de justesse)
Illustration des deux positions du doigt pour la "note si" sur un violon, suivant qu'on la joue avec la corde à vide MI ou la corde à vide RÉ (le violon étant supposé bien accordé!).
Si on fait ce choix "à l'oreille", en ayant pour but de supprimer les battements (et éventuellement d'entendre un beau son résultant...) il y aura un comma syntonique entre les deux "si", comme celui de la figure 2 entre les deux "la".
Filmé avec une WebCam fixée au violon, y compris pour le son, ce qui entraîne quelques vibrations parasites... il faudrait que je refasse cette vidéo en enregistrant le son séparément).
(Revue ALLIAGE, N° 79, page 138, Article Entendre Helmholtz, la sensation de justesse)
Explications sur l'écriture utilisée par Helmholtz (dans la traduction française de son Traité...) pour différencier deux notes distantes d'un "comma", et de ce qu'est un "comma syntonique".
(Revue ALLIAGE, N° 79, page 140, Article Entendre Helmholtz, la sensation de justesse)
Ecoute de sons résultants suivant que deux sons sont réellement émis en même temps, ou seulement mixés à l'ordinateur.
Pour des explications très précises sur ces sons ("résultants", "différentiels", "additionnels", "de combinaison", "terzo suono" de Tartini) on lira l'article de Paul AVAN (page 126 de la même revue) :
"Helmholtz entre Tartini et la théorie moderne. Les sons de combinaisons.
(Revue ALLIAGE, N° 79, page 146, Article Entendre Helmholtz, la sensation de justesse)
Ecouter ces intervalles peut paraître assez indigeste... Justement, c'est un peu comme goûter un par un les ingrédients de votre plat préféré!
Le choix du même son grave pour tous les intervalles implique des modulations parfois surprenantes.
Tout peut paraître faux...
C'est juste de la musique démontée! C'est un peu comme si on essayait de faire de la linguistique en classant les mots par nombre lettres... ou si on voulait expliquer le fonctionnement du moteur d'une voiture en le démontant et en classant les différentes pièces par poids...
Ces remarques ne sont pas anecdotiques. Enlever un "intervalle" de son contexte et prétendre continuer de le comprendre et de le ressentir de la même façon "qu'en contexte" demande de l'entraînement (comme accorder un piano ou un clavecin dans un tempérament précis). Les sons résultants (qui m'ont servi pour tous les exemples enregistrés sur mon violon) permettent d'avoir des repères, mais cela n'empêche que notre "cerveau musicien" est toujours à la recherche d'un contexte qui conditionne notre perception et notre jugement.
Et considérer qu'une musique particulière ("tonale" ou pas) est faite "d'intervalles" est tout-à-fait discutable... au sens propre comme au figuré.
(Revue ALLIAGE, N° 79, page 147 Article Entendre Helmholtz, la sensation de justesse)
TABLEAU Page 242 (Version française du traité de Helmholtz).
Les intervalles de la vidéo précédente sont ici entendus à l'orgue (sons du logiciel Finale 2010) en tempérament égal.
La mélodie grave correspond au son le plus grave de la série harmonique dans la quelle on peut "trouver" ces intervalles.
C'est la "Basse Fondamentale" de Rameau, à condition d'admettre l'harmonique 7, ce que Rameau ne faisait pas (et qui reste controversé près de trois siècles après lui!).
Toujours les mêmes intervalles, avec leur intonation précise (grâce aux sons résultants), mais c'est le son aigu qui est choisi comme fixe.
Rien n'interdit de faire une telle succession dans une musique, mais cela n'est pas vraiment conventionnel... Les successions avec le son "7" qui reste à la même hauteur supposeraient des enchaînements très complexes pour justifier cette "note commune".
Tout cela montre qu'il faut être très prudent lorsqu'on compare deux intervalles car on "entend" de façon automatique ce qui relie les intervalles entre eux.
Le son résultant noté est le son grave de la série harmonique où on "trouve" ces intervalles, dans certains cas c'est manifestement l'octave aiguë qui prend le dessus, la quinte peut aussi être perçue (notamment pour le 8/5), mais cela dépend de chaque "oreille".
Ce sont toujours les mêmes intervalles, mais en les jouant dans la série harmonique où on peut tous les "trouver".
Il y a donc un contexte musical, rendant (probablement...) l'audition de ces intervalle plus "digeste", même si le fait que les intervalles aient tous la même durée peut être gênant.
Une écoute "tonale" est quand même perturbée : soit on entend un accord de tonique (majeur), mais avec une "sensible abaissée", soit on entend un long accord de dominante, et on attend désespérément la "résolution" sur la tonique...
Le son résultant le plus grave est donc toujours le son appelé la. Chaque "oreille" est attirée par des sons différents, on peut donc entendre aussi l'octave aiguë de ce la, ou sa douxième (quinte + octave, oui... en "solfège", 5+8 = 12 ...).
Pour l'octave finale, le son résultant est théoriquement le son grave de cette octave (et je l'ai jouée une octave trop aiguë, il m'aurait fallu un violoncelle pour la jouer à l'octave exacte!).
Ce sont bien des sons joués simultanément, uniquement "à l'oreille" (avec quelques essais et en choisissant après coup l'intervalle me semblant le mieux réalisé, toujours uniquement "à l'oreille").
(Revue ALLIAGE, N° 79, page 147 Article Entendre Helmholtz, la sensation de justesse)
(tempérament égal)
TABLEAU Page 242 (Version française du traité de Helmholtz).
Les mêmes intervalles des figures précédentes sont entendus dans la série harmonique complète, mais en tempérament égal.
Les sons graves (générés par Finale 2010) sont un peu forts, cela produit un effet de masque gênant la perception consciente des intervalles aigus.
La succession des accords ainsi formée est assez complexe, cela explique (à mon sens) pourquoi il est très difficile d'avoir un jugement objectif lorsqu'on compare la "justesse" de plusieurs intervalles hors-contexte. Décider que les deux sons graves sont à la même hauteur n'est pas une décision innocente, on pourrait faire entendre la même série d'intervalles en décidant que c'est le son aigu qui reste à la même hauteur, ou n'avoir aucun son commun (voir, ou plutôt écouter... plus loin).
Ici, c'est du tempérament égal, les sons qui devraient changer de hauteur ne changent donc pas, mais on peut avoir malgré tout une sensation d'un "changement" en raison de la "fonction harmonique" du son "dans" l'accord.
(Revue ALLIAGE, N° 79, page 147 Article Entendre Helmholtz, la sensation de justesse)
Tableau page 242 (Helmholtz, Traité ...).
Les intervalles de la vidéo suivante sont les mêmes qu'à la figure 6, donc avec la justesse précise des rapports numériques étudiés par Helmholtz (figures 8 et 9 c'est bien du tempérament égal).
La hauteur relative des intervalles les uns par rapport aux autres été modifiée pour créer un contexte tonal plus conventionnel. J'ai choisi deux séries harmoniques dont les fondamentales peuvent être analysées comme une tonique et "sa" dominante. On conviendra que la comparaison auditive des intervalles entre eux est pour le moins modifiée par rapport à la figure 6.
Les intervalles y sont bien présentés dans le même ordre, et sont les mêmes (mais comme ils sont faits "à l'oreille", il y a quand même des intervalles plus ou moins bien réalisés).
La mélodie grave indique les sons résultants que j'entends et qui me servent de repère pour ajuster précisément l'intervalle (la série n'a pas été réalisée d'un seul jet, ce sont des intervalles joués et ajustés séparément, et que j'ai collés les uns après les autres dans un deuxième temps).
A priori, vous pouvez entendre ces sons résultants, mais il est tout-à-fait possible d'entendre un autre son de la série harmonique que la fondamentale.
(Revue ALLIAGE, N° 79, page 148, Article Entendre Helmholtz, la sensation de justesse)
Là, Helmholtz s'est amusé à fabriquer systématiquement des accords en associant deux intervalles dans un ensemble de son choix (comprenant le fameux "harmonique 7", qui l'a beaucoup occupé dans sa Théorie) dans le but de vérifier lesquels étaient "musicaux".
Là aussi, la présentation en éléments démontés, sans lien "logique", "musical", entre eux, peut surprendre. Il n'est pas facile de savoir si notre jugement instinctif vient de l'accord lui-même, ou des liens entre cet accord et le ou les précédents.
Les intervalles ont été fabriqués au cent près à l'ordinateur (Logiciel WaveLab) à partir d'un son d'orgue (Finale 2010).
Je proposerai bientôt un contexte "musical" où il me semble possible de "justifier" chacun de ces accords, à condition de changer l'ordre et la hauteur (en conservant les "intervalles" de l'accord).